L’adresse MAC : la “plaque d’immatriculation”… mais seulement dans ta rue (LAN)

On a déjà fait le “film” de TCP (la discussion) et IP (l’adresse postale). Aujourd’hui, place à MAC : le truc que ton PC utilise pour livrer un paquet au bon appareil… juste à côté.

L’adresse MAC : la “plaque d’immatriculation”… mais seulement dans ta rue (LAN)

 L’adresse MAC : la “plaque d’immatriculation”… mais seulement dans ta rue (LAN)

On a déjà fait le “film” de TCP (la discussion) et IP (l’adresse postale).
Aujourd’hui, place à MAC : le truc que ton PC utilise pour livrer un paquet au bon appareil… juste à côté.

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1) Pourquoi une adresse MAC alors qu’on a déjà l’IP ?

Imagine :

IP = adresse postale (ville + rue + numéro) → utile pour voyager “loin” sur Internet.

MAC = plaque d’immatriculation → utile pour que, dans ta rue, le facteur donne le colis à la bonne voiture, pas juste “au bon quartier”.

 Sur un réseau local (LAN), les équipements (switch, box) ne “regardent” pas d’abord l’IP pour faire passer les données : ils utilisent surtout les MAC pour savoir sur quel port envoyer.

IP répond à : “où est le destinataire sur le réseau ?”
MAC répond à : “à qui je remets ça sur ce lien précis, ici et maintenant ?”

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2) Une journée de voyage d’une MAC (le film )

 Acteurs :

Ton PC A

La box / routeur (la porte de sortie)

Des routeurs opérateurs

Un serveur B sur Internet

 Scène 1 — Chez toi (LAN)

Ton PC veut parler au serveur B (IP publique du serveur).

Mais… ton PC ne peut pas envoyer directement “au serveur” en MAC, parce que le serveur est loin.

Alors il se dit : ✅ “Je dois donner ce paquet à la box (ma passerelle).”

➡️ Il doit donc connaître la MAC de la box (sur le réseau local).
Il la récupère via un mécanisme du style : “Qui a cette IP locale ? Donne-moi ta MAC” (le principe d’ARP).

 Il fabrique alors une trame Ethernet :

MAC source = MAC de la carte réseau du PC

MAC destination = MAC de la box

Et à l’intérieur, il met le paquet IP (destination = serveur B)

 Scène 2 — La box sort sur Internet (WAN)

La box reçoit la trame, ouvre, lit le paquet IP, puis fait le routage.

Et là, point crucial :

✅ La MAC ne voyage pas “de bout en bout” sur Internet.
La box retire l’enveloppe locale (MAC) et remet une nouvelle enveloppe pour le prochain lien (vers le routeur du FAI, etc.).

➡️ À chaque saut, la “plaque” change :

Sur TON LAN : MAC PC → MAC BOX

Sur le lien BOX → FAI : MAC BOX → MAC du routeur FAI (ou autre techno)

Etc.

 Donc :

L’IP reste la même (source/destination) sur une grande partie du trajet.

La MAC change à chaque étape, parce que c’est une adresse de livraison locale (sur un lien).

 Scène 3 — Arrivée chez le serveur

Le dernier routeur “près” du serveur met la trame finale :

MAC source = MAC de son interface locale

MAC destination = MAC du serveur B

Le serveur répond… et le même principe se fait dans l’autre sens.

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3) “La MAC est unique et câblée” : comment c’est possible ?

Oui, on dit souvent : “MAC gravée dans le matériel” (souvent en usine).
Mais comment éviter les doublons si plein de constructeurs existent ?

 Il y a un “notaire mondial” des préfixes : l’IEEE (organisme de standardisation).
Il attribue aux fabricants un préfixe officiel qu’on appelle souvent OUI.

Ensuite :

Le fabricant met son préfixe (comme un “code pays + constructeur”)

Puis il gère le reste pour numéroter ses appareils sans se chevaucher dans sa production

Donc l’unicité vient d’une organisation + réservation de blocs, pas de magie.

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4) Les parties d’une adresse MAC (décryptage )

Une MAC classique = 48 bits = 6 octets
Exemple : 3C:52:82:1A:2B:3C

Les 3 premiers octets (ex: 3C:52:82) → préfixe constructeur (OUI)

Les 3 derniers octets (ex: 1A:2B:3C) → numéro de l’interface chez ce constructeur

Petit bonus (souvent ignoré) : Dans le tout premier octet, il y a des “mini-indicateurs” :

un bit “unicast/multicast”

un bit “global/local” (adresse officielle constructeur vs adresse locale)

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5) Est-ce qu’on peut “hacker” une MAC ?

On va dire les choses simplement :

✅ On peut changer / usurper une MAC (on appelle ça MAC spoofing)
⚠️ Mais ça ne te rend pas “invisible” ni “tout puissant”.

Pourquoi ?

Beaucoup de réseaux ne se fient pas qu’à la MAC (il y a aussi IP, comptes, certificats, 802.1X, logs, etc.)

Sur un réseau bien géré, une MAC “bizarre” peut déclencher des alertes.

 Et oui, il existe aussi des MAC dynamiques :

Certains téléphones/PC utilisent une MAC aléatoire en Wi-Fi pour la confidentialité (éviter le pistage).

Les machines virtuelles peuvent avoir des MAC “générées”.

 Dans la vraie vie : MAC = identité locale pratique, pas une “preuve d’identité” absolue.

(On reste volontairement haut niveau ici : on évite les recettes prêtes à l’emploi qui pourraient servir à faire n’importe quoi sur un réseau qui ne t’appartient pas.)

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6) Dans une frame réseau, qui met la MAC ?

 C’est un travail en duo :

L’OS décide “à qui livrer” sur le LAN (souvent via ARP / table de voisinage)

Le pilote (driver) et la carte réseau (NIC) construisent réellement la trame et l’envoient sur le câble / Wi-Fi

✅ Résumé :

L’OS orchestre

La carte réseau emballe et expédie

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7) Le résumé façon “terrain” 

IP : l’adresse postale pour traverser des réseaux

MAC : la plaque d’immatriculation pour livrer sur un lien local

La MAC change à chaque saut (nouvelle enveloppe à chaque relais)

L’unicité vient de blocs attribués aux constructeurs (préfixe) + numérotation interne

On peut la modifier (spoof / random), mais ça ne remplace pas la vraie sécurité

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