Alan Turing : l’homme qui a appris aux machines à “réfléchir”
Il y a des noms qu’on croise partout en informatique, parfois sans même s’en rendre compte. Alan Turing fait partie de ceux-là. On le voit dans des expressions comme : machine de Turing Turing-complet (Turing complete) calcul, algorithmes, logique intelligence artificielle (au moins dans l’idée) Mais au fond : qui était vraiment Alan Turing, et pourquoi on en parle encore en 2025 ?
Alan Turing : l’homme qui a appris aux machines à “réfléchir”
Il y a des noms qu’on croise partout en informatique, parfois sans même s’en rendre compte. Alan Turing fait partie de ceux-là.
On le voit dans des expressions comme :
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machine de Turing
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Turing-complet (Turing complete)
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calcul, algorithmes, logique
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intelligence artificielle (au moins dans l’idée)
Mais au fond : qui était vraiment Alan Turing, et pourquoi on en parle encore en 2025 ?
Qui était Alan Turing ?
Alan Turing (1912–1954) était un mathématicien britannique, un esprit en avance sur son époque. Dans les années 1930, bien avant les PC, Internet ou l’IA moderne, il s’est posé une question à la fois simple et immense :
Qu’est-ce que ça veut dire, “calculer” ?
Pas “calculer” sur une machine réelle, puisqu’elles n’existaient pas comme aujourd’hui.
Mais calculer au sens théorique : qu’est-ce qu’un calcul, et comment le décrire de manière universelle ?
C’est là que naît l’idée de la machine de Turing.
La machine de Turing, version terre-à-terre
Oublions les formules et imaginons plutôt un mécanisme très simple.
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Une bande “infinie” (comme un rouleau de papier… mais sans fin)
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Une tête de lecture/écriture qui :
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lit une case
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écrit un symbole
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se déplace à gauche ou à droite
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Une liste de règles basiques du type :
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“Si tu vois X, écris Y, bouge d’une case, puis passe à l’état suivant.”
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Ce n’est pas une machine “intelligente”.
C’est une machine qui suit des instructions mécaniquement.
Et pourtant, en combinant ces règles, Turing montre une idée clé :
Tout calcul réalisable peut être décomposé en instructions simples, exécutées étape par étape.
C’est une manière de définir l’ordinateur… avant même qu’il existe physiquement.
Pourquoi on parle encore de “Turing-complet” ?
Quand on dit :
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“Ce langage est Turing-complet”
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“Ce moteur de script est Turing-complet”
Ça veut dire :
ce système a, en théorie, assez de puissance pour exprimer n’importe quel calcul qu’une machine de Turing peut effectuer.
Concrètement, cela implique qu’on peut y retrouver l’essentiel :
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des conditions
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des boucles
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une forme de mémoire
En langage simple : avec ça, on peut construire des programmes arbitrairement complexes, si on a assez de temps et de mémoire.
Et l’IA dans tout ça ?
Beaucoup pensent que l’intelligence artificielle est une invention récente.
Mais l’idée de base — la question fondatrice — remonte en partie à Turing :
Une machine peut-elle penser ?
Il propose aussi une façon de tester cette idée : ce qu’on appelle aujourd’hui le test de Turing.
Le principe est simple : si, en discutant, un humain ne peut pas distinguer la machine d’un autre humain, peut-on considérer que la machine montre un comportement intelligent ?
Les IA modernes (réseaux neuronaux, modèles de langage, etc.) n’existaient pas à son époque.
Mais la question, le cadre, et la provocation intellectuelle… viennent en grande partie de lui.
Son impact aujourd’hui, très concret
Les technologies ont explosé depuis, mais les idées de Turing restent au cœur de l’informatique :
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la notion d’algorithme
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la définition de ce qui est calculable… et ce qui ne l’est pas
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les langages de programmation (conditions, boucles, logique)
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la manière dont on formalise un problème pour le résoudre
Même un développeur qui écrit une simple boucle for exploite cette idée : décomposer une tâche en étapes mécaniques et reproductibles.
À retenir
Alan Turing n’a pas simplement “inventé une machine”.
Il a inventé une manière de penser l’ordinateur : une définition universelle du calcul.
C’est pour ça qu’on le cite encore, qu’on l’enseigne encore, et que ses concepts reviennent dès qu’on parle de programmation, d’algorithmes… ou d’IA.
Si ce format “informatique sous le capot” vous aide, retrouvez les ressources et liens utiles Aide en Informatique dans la section dédiée du blog.
Et vous : aviez-vous déjà entendu parler de “Turing-complet” avant ce post ?
Quelle est votre réaction?

